“ Il n'est pas rare d'entendre dire que partir à l'étranger pour subir une intervention de chirurgie esthétique présente un gros risque ? Doit-on croire cette opinion et sur quoi se fonde t-elle ? En analysant un peu plus les faits, on s'aperçoit qu'un acte de chirurgie esthétique réalisé en Tunisie par exemple n'est pas plus dangereux qu'en France. ”
La France n’est pas concurrentielle en matière d’offre de santé
Il n’y a pas si longtemps la chaine franco-allemande Arte avait diffusé une série de reportages sur le développement du tourisme de santé. L’un des sujets revenait sur les difficultés des professionnels français à se percevoir comme des pourvoyeurs possibles d’une offre qualitative en matière de soins. Du coup, ce sont les belges, les suisses et plus loin en Europe les hongrois qui se positionnent sur ce créneau et qui attirent à eux des patients venant de partout en Europe.
La France reste donc frileuse en matière de tourisme médical et de promotion de ses compétences hospitalières. Cette discrétion qui ressortit sans doute à ne pas mélanger les plans ( médecine et business) est encore plus criante en matière de chirurgie esthétique.
Certes, il y a de très bons praticiens. Certes beaucoup d’entre eux ont un site internet. Mais peu d’entre eux font un réel effort en matière de prix pour ces opérations pourtant de plus en plus demandées que sont la liposuccion ou l’augmentation mammaire.
En l’absence d’un vraie politique de mise en valeur des savoirs-faire médicaux à la française et de baisse des tarifs, beaucoup de patientes disent oui à la chirurgie esthétique Tunisie et bloquent plusieurs jours de congés pour réaliser parfois 2 ou 3 interventions pendant leur séjour.
Faut-il courir le risque d’aller faire une chirurgie esthétique à l’étranger ?
Doit-on les blâmer et dire qu’en matière de chirurgie esthétique, il faut rester en France ? C’est évidemment une tentation parfois relayée par certains chirurgiens esthétiques. L’argument majeur consiste à dire que la qualité des interventions pratiquées à l’étranger est douteuse et que par conséquent il y a des risques pour la santé du patient .
Le fond du débat concerne en définitive la compétence des médecins qui pratiquent dans ces pays qu’on taxe un peu vite de destinations médicales low cost. Il semble pourtant que l’anathème est un peu exagéré. D’abord le premier constat à faire est que les chirurgiens esthétiques tunisiens ou marocains ont été formés en France , en Grande Bretagne, aux Pays-bas ou aux États-Unis.
De deux choses l’une donc : ou bien la formation qu’ils ont reçue est différente de celle de leurs confrères et il y a un problème à régler au sein de la formation médicale, ou bien ils ont bénéficié des mêmes cours et du même enseignement et dans ce cas, leur compétence ne peut pas être remise en cause.
Si maintenant on en revient à des données purement factuelles, on peut voir que la demande en matière de chirurgie esthétique dans les cliniques de Tunisie n’a jamais été aussi forte et que même les changements qui ont eu lieu dans le pays n’ont pas inversé cette tendance. Il faut donc se rendre compte que mutatis mutandis les patients sont plutôt confiants et que l’issue des opérations est aussi bonne en Tunisie qu’en France.
